Les risques de l’interprétation

Nous interprétons souvent les faits sans même nous en rendre compte. Ces interprétations sont très utiles, mais elles peuvent aussi nuire à la communication si nous n’acceptons pas de les remettre en question.

Bon nombre de difficultés de communication résultent d’une confusion entre les faits et les interprétations. La plupart du temps, nous interprétons sans même nous en rendre compte.

Pour vous en convaincre, lisez l’anecdote suivante et essayer de répondre à la question posée.

Ne pas confondre faits et interprétations

Une dame rencontre une de ses connaissances qu’elle n’a pas vue et dont elle n’a plus entendu parler depuis dix ans. Après l’avoir saluée, elle lui demande si le petit garçon qui l’accompagne est son fils. L’autre personne lui répond par l’affirmative en ajoutant qu’elle est mariée depuis environ six ans. La dame se tourne alors vers le petit garçon pour lui demander son nom. L’enfant lui répond qu’il s’appelle comme son père, et la femme s’exclame : « Alors tu dois t’appeler Pierre ! ». Comment cette dame pouvait-elle savoir le nom du père de cet enfant alors qu’elle ne savait même pas que cette personne était mariée ?

Vous n’avez pas trouvé ? Peut-être avez-vous fait une interprétation qui vous empêche d’arriver à la bonne solution… qui est aussi la plus simple.

Une économie de paroles

L’interprétation est un processus par lequel la pensée tire des conclusions à partir de faits perçus. On parle aussi d’opinions, d’inférences ou de déductions. L’interprétation permet de grandes économies de paroles. Par exemple, il est plus simple de dire « Il est furieux ! » que « Son visage est devenu rouge, il transpire abondamment, il ouvre tout grand les yeux et il s’exprime d’une voix très forte. ». L’interprétation est donc très utile car elle donne rapidement un qualificatif et une signification aux éléments que l’on perçoit.

Les interprétations deviennent problématiques lorsqu’on les confond avec les faits. Les faits sont indiscutables alors que les interprétations sont toujours subjectives. Si on les confond, on oublie de vérifier le bien-fondé des interprétations. On les prend pour acquises, on est convaincu d’avoir raison et on se comporte comme tel. Par exemple, si mon fils n’a toujours pas rangé sa chambre après ma troisième demande (le fait), j’en conclus qu’il est paresseux ou de mauvaise volonté (l’interprétation). Ce qui m’amène à le punir. Ou alors, si mon épouse demande conseil à une amie plutôt qu’à moi (le fait), je suis persuadé qu’elle n’a plus confiance en moi ou qu’elle me méprise (l’interprétation). Ce qui m’amène à me retirer dans mon coin et à faire la tête. Certaines personnes se sont même fabriqué une interprétation unique face à toutes les frustrations qu’elles endurent dans leur vie : « C’est exprès pour m’embêter ». Elles sont persuadées que le monde entier agit par malice dans le seul but de les contrarier.

Convaincu d’avoir raison

Il importe donc de bien distinguer les interprétations des faits.

Un moyen d’y parvenir est d’essayer de faire précéder le propos que l’on va tenir par un verbe de perception : voir, entendre, etc

Si on y arrive, il s’agit d’un fait. Sinon, c’est une interprétation. Par exemple, « Il frappe sa petite sœur » traduit un fait parce qu’on peut dire : « Je vois qu’il frappe sa petite sœur ». Par contre, on ne peut jamais dire : « Je vois qu’il est méchant ». La méchanceté ne se voit pas, elle s’interprète toujours dans un code culturel donné. On dirait donc : « J’en conclus qu’il est méchant ». C’est par conséquent une interprétation, et comme telle, elle peut être remise en question à tout moment.

A propos, êtes-vous toujours persuadé que la personne rencontrée par la dame de l’anecdote est bien une femme ? Qu’il ne pourrait pas s’agir d’un certain monsieur dénommé Pierre ?

(Merci à Yves-Alexandre Thalmann pour cette belle explication)


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